JYPO

Aurélie Ollemann : « JYPO, Bonjour, pouvez-vous-vous nous décrire votre démarche artistique ? »

JYPO : « utiliser la peinture pour moi, c’est un moyen de communication très puissant, on peut dire tant de choses par l’image, beaucoup plus que par les mots… donc ma démarche artistique, c’est communiquer le ressentit, les sentiments, on pourrait en écrire un livre…c’est un moyen d’exprimer la façon dont on capte les choses »

AO : « JYPO, vous êtes peintre hyperréaliste, pouvez-vous nous donner votre définition de l’hyperréalisme ?»

JYPO : « l’hyperréalisme souvent, est interprété au travers du photoréalisme, pour ma part, il y a une différence importante entre les deux…le photoréalisme représente une réplique rigoureusement exacte d’une photographie, alors que l’hyperréalisme représente une réalité rigoureuse avec un plus qui n’a plus rien à voir avec la photographie,… en quelque sorte: lier la précision à l’expression artistique,… pour être plus précis techniquement; rectifier tout ce qui est ombre et lumière saturé, afin d’obtenir un équilibre quasi parfait, …le rêve de tout photographe !, et une touche personnelle qui permet d’atteindre le degré émotionnel »

AO : « Vous avez choisi de traiter la diversité tant au travers de vos sujets que de vos techniques, pourquoi ? »

JYPO : « le choix de la diversité est complètement volontaire, car elle est en adéquation avec la vue que j’ai de l’existence, c’est à dire une multiplicité d’éléments. J’ai besoin d’exprimer un ensemble, et non pas un élément, tout ce qui touche directement à la vie, car tout est lié, et tout est dans tout; il n’y a pas un sujet qui domine mon expression, il y a une envie d’exprimer les sujets, donc ne pas ex­primer un thème précis, mais exprimer le thème de la vie, c’est pourquoi dans cette logique j’utilise principalement trois techniques que j’affectionne particulièrement »

La sanguine : pour ce qu’elle a de si simple, de si sobre, de si subjectif, car elle est limitée à une ombre qui laisse deviner la lumière…cette subtilité me touche, me parle, ce qui me permet de créer également une atmosphère, une ambiance, douce, apaisante…

Le pastel : par cette matière, précisément, si fascinante, que d’une simple craie de couleur puisse apparaître tant de possibilité, …cette matière que l’on écrase, que l’on fond, que l’on mélange, que l’on touche, que l’on palpe, et qui permet tant d’expression dans le domaine de la couleur, qu’il m’est impossible de ne pas y revenir régulièrement.

L’huile : cette extraordinaire molécule, si fine, si transparente, capable de nous amener à nous dé­passer, tant elle est souple, subtile, voir secrète…elle permet de passer à un travail de relief en épais­seur à un travail d’une absolue finesse, en transparence totale, permettant à la lumière de pénétrer toutes les superpositions de couches, elle donne accès également aux détails extrêmes, elle semble n’avoir aucune limites, et par le fait nous lie étroitement avec tous les artistes qui nous ont précédés durant des siècles, depuis la naissance de cette merveilleuse matière qu’est la peinture à l’huile…

AO : « Vous nous parlez de vos oeuvres, à ce propos, comment vous êtes-vous inspiré de votre col­lection actuelle ? »

JYPO : « très simplement, …dans ma mémoire, dans les informations de mon vécu, mes expé­riences, toutes les notes prises, les croquis, les photos, des observations cumulées, d’où fini par s’imposer une idée… source d’inspiration également, les voyages à l’étranger; notamment au sri-lanka, qui est un véritable élément déclencheur de ma démarche artistique, j’avais tant de choses à dire et à exprimer que les mots ne suffisaient pas, et j’ai donc lié la richesse de ce voyage, à la ri­chesse de mon vécu dans mon propre pays…malgré les apparences, l’ensemble m’a semblé très lié, très co­hérent, car tout simplement, c’est la vie, c’est l’expression de la vie, c’est ainsi que j’ai baptisé mon actuelle collection : fenêtre sur la vie… »

AO : « JYPO, vous avez réalisé, votre première oeuvre à 40 ans, très tard par rapport à la généra­lité, pourquoi ? »

JYPO : « la concrétisation de mes oeuvres, débute en effet, très tard en comparaison d’artistes qui se sont exprimés dés leur plus jeune âge, malgré une très forte envie de peindre, j’avais en parallèle, un besoin plus fort encore, celui de comprendre d’emmagasiner, de stocker, d’archiver, d’analyser, de transpercer, d’imaginer, ce lapse de temps était nécessaire, car lié à une démarche philosophique, que je pourrais résumer en une phrase : donner le temps au temps »

AO : « si vous deviez décrire un élément qui vous démarque de tous les autres peintres, que diriez-vous ? »

JYPO : « impossible de donner un élément qui me démarque de tous les autres peintres, étant donné que je suis un élément qui se démarque de tous les êtres humains, pas qu’il y ait une prétention dans dans mes propos, mais simplement une considération que l’humain est unique, autant d’êtres humains…autant d’êtres uniques, pour moi ma différence se révèle à ce stade, et elle permet alors d’ex­primer autant de fois la façon de recevoir, de sentir, de vivre… »

 

AO : « JYPO, quel âge avez-vous ? »

 

JYPO : « j’ai 252 ans de plus que mozart… (rire) »

 

AO : « amateur de musique classique ? »

 

JYPO : « passionné ! …la musique par ce qu’elle m’a permis de découvrir, représente pour moi, une source d’exploration et d’inspiration, extraordinaire, car philosophiquement et matériellement, je considère que tout est transposable, donc tout ce que la musique m’a appris se retrouvera à un mo­ment ou à un autre, dans la réalisation de mes tableaux »

 

AO : « Où êtes-vous né ? »

 

JYPO : « quelque part ici, sur la planète terre »